Dark Matter

De WikiCinéjeu.

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Les respirations étaient en suspens, la tension à son comble, le silence total. La lumière intense qui se formait autour du minuscule point noir contenu derrière une épaisse vitre était le centre de toutes les attentions. Pour la énième fois, Betty était parvenu à créer un champs gravitationnel de taille respectable, c’est à dire à peine plus large que le diamètre du pouce. La quantité d’énergie que nécessitait une telle singularité était prodigieuse, mais hélas, personne n’était encore parvenu à dégoter le bon combustible. D’ici peu, le trou noir se refermerait, faute d’une gravité répulsive suffisante ; les fluctuations quantiques qui étaient à l’oeuvre empêchaient tout bonnement le vortex de se former. Pourtant le champs gravitationnel perdurait, battant ainsi le record du précédent : 2 secondes...
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Les respirations étaient en suspens, la tension à son comble, le silence total. La lumière intense qui se formait autour du minuscule point noir contenu derrière une épaisse vitre était le centre de toutes les attentions. Pour la énième fois, Betty était parvenu à créer un champs gravitationnel de taille respectable, c’est à dire à peine plus large que le diamètre du pouce. La quantité d’énergie que nécessitait une telle singularité était prodigieuse, mais hélas, personne n’était encore parvenu à dégoter le bon combustible. D’ici peu, le trou noir se refermerait, faute d’une gravité répulsive suffisante ; les fluctuations quantiques qui étaient à l’oeuvre empêchaient tout bonnement le vortex de se former. Pourtant le champs gravitationnel perdurait, battant ainsi le record du précédent : 2 secondes...
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3 secondes... 4 secondes... 5 secondes... ! Contre toute attente le trou noir restait stable, et enfin les appareils de mesure indiquaient qu’un vortex naissait. L’écran de contrôle présentait un pont d’Einstein-Rosen de la taille d’une chenille attaché au centre de ce qu’on pouvait maintenant qualifier de puits gravitationnel. Les bouches étaient ouvertes, les yeux fascinés. Un trou de ver venait d’apparaitre dans la salle de conditionnement.
 
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3 secondes... 4 secondes... 5 secondes... ! Contre toute attente le trou noir restait stable, et enfin les appareils de mesure indiquaient qu’un vortex naissait. L’écran de contrôle présentait un pont d’Einstein-Rosen de la taille d’une chenille attaché au centre de ce qu’on pouvait maintenant qualifier de puits gravitationnel. Les bouches étaient ouvertes, les yeux fascinés. Un trou de ver venait d’apparaitre dans la salle de conditionnement.<br>
Tenter d’agrandir un pont d’Einstein-Rosen revenait à le détruire, pourtant celui qui se présentait maintenant sous les yeux ébahis des laborantins grossissait de lui-même jusqu’à atteindre une taille macroscopique. Si sa masse continuait d’augmenter, l’institut serait gobé d'ici quelques minutes, broyé, disloqué et expédié vers un point inconnu de l’univers.   
Tenter d’agrandir un pont d’Einstein-Rosen revenait à le détruire, pourtant celui qui se présentait maintenant sous les yeux ébahis des laborantins grossissait de lui-même jusqu’à atteindre une taille macroscopique. Si sa masse continuait d’augmenter, l’institut serait gobé d'ici quelques minutes, broyé, disloqué et expédié vers un point inconnu de l’univers.   
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Quelqu’un aurait du couper le courant, stopper l’expérience, prendre les choses en main avant l’inévitable catastrophe qui suivit. Si Paul avait été là, Betty serait encore de ce monde, dans ce monde...   
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Quelqu’un aurait du couper le courant, stopper l’expérience, prendre les choses en main avant l’inévitable catastrophe qui suivit. Si Paul avait été là, Betty serait encore de ce monde, ''dans'' ce monde...   
   
   
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Paul tenait entre ses mains un nouvel échantillon de la pluie de météorites qui s’était récemment abattue sur l’immense plaine de sable. Le plus gros spécimen avait la taille d’un ballon de football et portait les traces d’érosion de son entrée dans l’atmosphère terrestre. Le scientifique traquait inlassablement depuis plusieurs années les corps étrangers qui atteignaient la surface de la Terre, et c’est dans ce désert qu’il trouva pour la première fois l’objet de sa quête.
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Paul tenait entre ses mains un nouvel échantillon de la pluie de météorites qui s’était récemment abattue sur l’immense plaine de sable. Le plus gros spécimen avait la taille d’un ballon de football et portait les traces d’érosion de son entrée dans l’atmosphère terrestre. Le scientifique traquait inlassablement depuis plusieurs années les corps étrangers qui atteignaient la surface de la Terre, et c’est dans ce désert qu’il trouva pour la première fois l’objet de sa quête.<br>
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Les différents fragments, tous tombés lors de la même nuit, avaient semble t-il la même origine, située bien au-delà du système solaire, et présentaient tous en leur centre une masse cachée, sombre, sorte d'anti-matière, sans aucun doute cette fameuse matière noire qui avait servi de muse aux astrophysiciens du début du 20ème siècle qui l'avaient qualifié d'exotique.<br>
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Les différents fragments, tous tombés lors de la même nuit, avaient semble t-il la même origine, située bien au-delà du système solaire, et présentaient tous en leur centre une masse cachée, sombre, sorte d'anti-matière, sans aucun doute cette fameuse matière noire qui avait servi de muse aux astrophysiciens du début du 20ème siècle qui l'avaient qualifié d'exotique.
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De par sa forte pression négative, supposée intervenir dans la structure et dynamique des galaxies, cette matière noire était le combustible approprié pour repousser les parois d’un trou de ver et maintenir ainsi le passage vers un autre espace-temps. En somme, la seule façon de figer un puits gravitationnel pouvant laisser passer un homme...   
De par sa forte pression négative, supposée intervenir dans la structure et dynamique des galaxies, cette matière noire était le combustible approprié pour repousser les parois d’un trou de ver et maintenir ainsi le passage vers un autre espace-temps. En somme, la seule façon de figer un puits gravitationnel pouvant laisser passer un homme...   
   
   
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La vieille bâtisse avait instantanément séduit Paul lorsqu’il avait prospecté dans la région. Au calme, éloignée des regards indiscrets, c’était le lieu parfait pour mener ses expériences. Depuis la disparition de Betty, l’astrophysicien n’avait de cesse de tenter de percer les mystères du continuum espace-temps. En créant artificiellement un trou de ver, et en tentant de reproduire l’expérience de sa défunte femme malgré la perte d'informations capitales entrainée par la disparition de l’institut, Paul espérait que... Folie ! C’était du suicide...
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La vieille bâtisse avait instantanément séduit Paul lorsqu’il avait prospecté dans la région. Au calme, éloignée des regards indiscrets, c’était le lieu parfait pour mener ses expériences. Depuis la disparition de Betty, l’astrophysicien n’avait de cesse de tenter de percer les mystères du continuum espace-temps. En créant artificiellement un trou de ver, et en tentant de reproduire l’expérience de sa défunte femme malgré la perte d'informations capitales entrainée par la disparition de l’institut, Paul espérait que... Folie ! C’était du suicide...<br>
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Pourtant la matière noire était la clé. S’il parvenait à comprendre sa nature, son utilisation pour franchir et maintenir un vortex, s’il parvenait seulement à augmenter la vitesse du trou blanc lors de sa sortie du tunnel, à le situer non loin de l’entrée du trou noir pour éviter d’être éjecté à l’autre bout de l’univers, ou pire dans un espace-temps parallèle, s’il parvenait à approcher, voir dépasser la vitesse de la lumière, il remonterait tout simplement le temps et pourrait choisir le moment de sortie dans le passé.<br>
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Pourtant la matière noire était la clé. S’il parvenait à comprendre sa nature, son utilisation pour franchir et maintenir un vortex, s’il parvenait seulement à augmenter la vitesse du trou blanc lors de sa sortie du tunnel, à le situer non loin de l’entrée du trou noir pour éviter d’être éjecté à l’autre bout de l’univers, ou pire dans un espace-temps parallèle, s’il parvenait à approcher, voir dépasser la vitesse de la lumière, il remonterait tout simplement le temps et pourrait choisir le moment de sortie dans le passé.
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Quelques secondes avant l’instant T suffirait à empêcher la disparition de l’institut... à sauver Betty.   
Quelques secondes avant l’instant T suffirait à empêcher la disparition de l’institut... à sauver Betty.   

Version du 26 novembre 2011 à 10:36